mercredi 8 avril 2009

COÛTS LIÉS AU STRESS EN FRANCE

M. Miller affirme qu’identifier et gérer le stress peut être une forme de risque de gestion organisationnel. « On doit se demander à quel point on est exposé à ce risque et qu’est-ce que ça nous coûte de réduire ce risque (8)».

Dans la présente étude, la méthode utilisée pour évaluer les coûts du stress au travail, autant au niveau des entreprises que de la société dans son ensemble, est la méthode des fractions attribuables. Cette méthode consiste à prendre la proportion des personnes exposées à un facteur de risque et le risque relatif, identifié comme étant l’intensité du lien entre le facteur de risque et la fréquence de la “maladie”. Cela permet donc de déterminer la proportion des cas attribuables à cette “maladie” en question.

Dans le cas présent, le facteur de risque retenu est en fait un facteur de stress qui se nomme le « job strain » (conjonction de fortes exigences et faible autonomie au travail). La “maladie” retenue est constituée de trois différentes maladies causées par le stress : maladies cardiovasculaires, dépression et troubles musculo-squelettiques. Ces dernières ont été retenues vu leur étude plus approfondie par rapport à d’autres maladies liées au stress. Les proportions sont obtenues à partir de données d’études épidémiologiques et d’enquête sur les conditions de travail. Ainsi, l’étude révèle que sur une population active de 23,53 millions de personnes, entre 220 500 et 335 000 personnes (1% à 1,4%) sont ou ont été touchées par une maladie liée au stress professionnel.


Après avoir trouvé ces proportions, il est possible de mesurer les coûts qui s’y rattachent. Deux modèles sont ici utilisés, soient un pour les entreprises et l’autre pour la société. Celui pour les entreprises considère les coûts des soins, de l’absentéisme et des décès prématurés vis-à-vis l’âge de retraite. Le coût des soins ajouté aux coûts des décès prématurés vis-à-vis l’espérance de vie moyenne de la population considérée est prise en compte pour le modèle de la société. Enfin, le coût du stress se trouve donc par le croisement des proportions de cas attribuables et des données de coûts pour chaque “maladie”.(12)

LES OUTILS DE COMPTABILITÉ DE MANAGEMENT AU PROFIT DE LA GESTION DES COÛTS LIÉS AU STRESS AU TRAVAIL

Dans le domaine des affaires, il est souvent difficile d’avoir le soutien de la direction lorsqu’il est question de projet impliquant des dépenses puisque les ressources financières sont toujours limitées. Il est d’autant plus difficile lorsque ces dépenses ne sont pas reliées à un objet pouvant être vendu pour générer des bénéfices.

La Van (Valeur Actuel Nette)

La Van est un élément important qui possède les caractéristiques pour nous permettre de faire comprendre aux gestionnaires d’une entreprise l’importance d’une bonne gestion du stress. Puisqu’une diminution du stress global entraîne généralement une augmentation de productivité et une diminution des jours d’absentéisme, nous pouvons montrer les effets monétaires qu’aurait un possible investissement visant à diminuer le stress en se basant sur les résultats obtenus dans des entreprises semblables. La Van permettrait de voir l’impact des économies réalisées par la diminution des jours d’absentéisme, les gains générés par l’augmentation de la productivité et de savoir la valeur total du projet dans son ensemble.

Analyse coût-bénéfice

L’analyse coût-bénéfice est un outil pouvant nous servir à déterminer le seuil de rentabilité d’un investissement. Cet outil peut aider les entreprises à comprendre les risques associés à un investissement en comparant les résultats attendus aux changements minimum requis pour que l’investissement soit bénéfique pour l’organisation.

La comptabilité par activités

La comptabilité par activité aide les compagnies à séparer avec une plus grande précision les coûts associés à un produit en fonction des activités consommées par le produit. Dans le domaine de la gestion du stress, cette comptabilité pourrait donner de l’information intéressante concernant l’impact du stress sur le coût de revient des produits et services de la compagnie. Ainsi, certains produits ou services qui sont considérés comme rentables peuvent, en fin de compte, être non rentables en conséquence du stress y étant associé. Les gestionnaires pourraient voir en termes de perte de valeur unitaire les coûts d’une gestion du stress inadéquats.

FIN PARTIE TROIS

mercredi 18 mars 2009

PISTES DE SOLUTIONS

La comptabilité de management renferme un grand volet stratégique qui nous pousse à prendre un certain recul face à une problématique pour en analyser l’ampleur des ramifications qu’elle peut avoir sur les différentes facettes de l’entreprise. Dans le cas du stress vécu au sein des entreprises, nous croyons qu’il est nécessaire de commencer par trouver l’origine des problèmes pour en minimiser les effets néfastes.


Que le stress soit de source externe ou interne, ses impacts se font sentir au sein de l’entreprise. Les gestionnaires doivent donc être à l’écoute des signes non verbaux et bien connaître leurs employés. Les changements de comportements peuvent cacher une baisse de productivité et de réel coût pour l’entreprise. Ainsi, la dimension prévention et observation demeurent le meilleur atout pour les gestionnaires.

STRESS ET PRODUCTIVITÉ

La comptabilité de management aide à orienter les efforts des entreprises sur les activités ayant une plus value et à cibler les lacunes afin de les éliminer et d’atteindre une bonne rentabilité. Une entreprise peut agir sur 2 aspects pour augmenter sa profitabilité; les prix de vente et les coûts de production. Puisque la concurrence est souvent omniprésente dans la plupart des secteurs d’activités, les entreprises n’ont pas une grande marge de manœuvre pour augmenter leurs prix de vente afin d’atténuer les effets de leurs inefficiences. La solution restante est donc de s’efforcer de réduire les coûts de production des produits et services. Les outils de comptabilité de management peuvent venir en aide aux entreprises afin d’identifier différents types de coûts, plus particulièrement les coûts reliés au stress en entreprise, leur provenance et mettre en place des objectifs et des mesures pour les réduire et bien les contrôler.

Selon M. Morrissy, « plus les gens deviennent stressés, plus ils sabotent la productivité ». Les gestionnaires sont les plus susceptibles de subir du stress. Souvent, ils ne reconnaissent pas la relation entre le stress et la non-productivité des employés. Ils devraient donc d’abord être sensibilisés, car leur stress et le fait qu’ils ne perçoivent pas nécessairement cette relation affectent leur performance, ce qui fait en sorte qu’ils sont moins alertes et à l’écoute pour trouver et régler ces problèmes. La productivité est donc réduite depuis le haut de l’échelle hiérarchique.

La constante évolution de la technologie et autres aspects du monde des affaires peuvent augmenter le niveau de stress et donc réduire davantage la productivité. Des mesures doivent donc être prises le plus rapidement possibles pour bien intégrer l’adaptation et gérer le stress et par le fait même la productivité des employés. Cela a un effet direct sur les profits et la productivité globale de l’entreprise. Prenant de telles mesures, les entreprises développeront un avantage concurrentiel face aux autres qui n’auront pas conscience des coûts du stress et de ses impacts négatifs au sein de l’entreprise. (8)

INSTABILITÉ

Puisque le stress augmente lorsqu’il y a instabilité, les compagnies ont tout avantage à bien planifier ce qui touche les postes afin d’atteindre les objectifs de diminuer le stress et d’augmenter la performance. La première étape de la planification est de revoir les descriptions de tâches et les exigences de poste. Une bonne description de tâche permet de diminuer le stress en exprimant clairement ce qui doit être fait dans le cadre de ce poste, ce qui aide aussi à la productivité puisque l’employé sait sur quoi orienter ses efforts. Les exigences de poste permettent, de leur côté, de déterminer le bagage de connaissances et de compétences qui sont minimales pour combler les besoins du poste. Suivant ces reformulations, les gestionnaires doivent s’assurer que le matériel nécessaire au bon fonctionnement du poste est disponible et prêt à l’utilisation.(1)

GESTION DES CONNAISSANCES

En termes de connaissance, les compagnies disposent souvent de plusieurs moyens à l’interne pour favoriser sa distribution comme un program de mentorat ou un jumelage nouveaux et anciens, mais elle peut aussi faire appel à des ressources externes. En effet la fédération internationale des coachs du Québec (FICQ) possède plus de 250 coachs et le nombre d’inscription à l’école Coaching de gestion augmente de 10 à 20% par année. (9) Ces coachs peuvent être d’une grande utilité pour le maintient et l’augmentation de la connaissance globale de l’entreprise. Pour l’instant nous avons seulement parlé des nouveaux employés, mais l’utilisation de ces coachs peut tout autant servir à des employés ayant plusieurs années de services et qui souhaite être plus efficaces dans leurs taches. Bien qu’il n’y ait pas beaucoup d’étude sur les coûts associés à la mauvaise gestion de la connaissance, l’économie actuel accorde beaucoup de valeur au capital intellectuel des entreprises et nous incite à croire qu’une bonne gestion des connaissances et des formations suffisantes peuvent être très bénéfique financièrement pour les entreprises.

SANTÉ

Au cours des dernières années, le GP2S a développé une norme en termes de santé au travail qui est maintenant disponible pour les entreprises qui souhaitent faire de la santé un élément majeur dans leur entreprise. Cette norme, qui porte le nom « 9700-800 Prévention, promotion et pratiques organisationnelles favorables à la santé en milieu de travail » (10) comportent 4 volets qui permettent, par leur approche, de diminuer les éléments qui sont des facteurs de stress. Les 4 volets de cette norme sont : les habitudes de vie (mise en place d’un service conseil en nutrition ou en gestion du stress), la conciliation travail-vie personnelle (horaire flexible, congés, garderie au travail), l’environnement de travail (aménagement d’aires de repos, distributrices d’aliments santé) et les pratiques de gestion (formation sur la reconnaissance des employés et favorisation du travail d’équipe).(11)





Le dicton « un esprit sain dans un corps sain » semble bien s’appliqué au concept de stress au travail. En effet, selon monsieur Roger Bertrand (président de GP2S), chaque dollar investi dans un programme de santé rapporte au bout de 3 ans entre 1,5 et 3 dollars en gain de productivité. (11) L’activité physique est un élément qui a de grandes propriétés contre le stress. Aujourd’hui, de plus en plus de compagnies le comprennent et voient les avantages à long terme de pratiques favorisant des habitudes de vie saine. Pour bien réussir l’implantation de ces pratiques, il faut plus qu’un simple vouloir, mais des actions fermes de la part des entreprises. Les actions posées peuvent être très variées et impliquer des niveaux d’investissement différents. Dans certaines compagnies l’installation d’une douche peut suffire pour inciter les employés à venir en vélo lorsque la saison le permet. Plusieurs entreprises offre même le paiement de l’abonnement à un centre de sport et abolisse la malbouffe en mettant à disposition de la nourriture et des breuvages santé au lieu d’une distributrice de boissons gazeuses. De plus, comme la café favorise le stress, les entreprises pourraient inciter les employés à moins en boire en ne mettant pas à disposition un tel service.





L’impact d’une telle certification dépasse le cadre strict de l’entreprise et amène un certain rayonnement qui aidera non seulement l’entreprise à obtenir un meilleur rendement de son personnel, mais facilitera l’embauche et la rétention du personnel. Dans la société d’aujourd’hui, nous croyons que le caractère santé de l’entreprise peut lui permettre d’atteindre le statut d’employeurs de choix. (1)




Fin de la partie 2